Luca Savioli est doctorant à l’Université Concordia de Montréal, sous la supervision de Steven High. Avant de rejoindre Concordia, il a obtenu un double master en histoire à l’Université La Sapienza de Rome et à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris. Dans sa thèse de maîtrise, il a analysé les attitudes et les pratiques des travailleurs migrants au sein de la Confédération générale du travail (CGT) après la Seconde Guerre mondiale, dans une période historique marquée par l’essor économique, l’augmentation des flux migratoires et la transformation progressive de la société française.

Ses travaux actuels portent sur l’histoire politique, culturelle et environnementale des périphéries industrielles de Rome et de Paris.

ÉNONCÉ DU PROJET :

Reinventing the Industrial City: The History of Industrialization and Deindustrialization in Italy’s Sacco Valley and the Western Suburbs of Paris 1950s-2020s

Ma thèse porte sur la désindustrialisation de Paris, en France, et de Rome, en Italie, à la fin du XXe siècle, avec un accent particulier sur la vallée de Sacco, à la périphérie de Rome, et les banlieues nord-ouest de Paris. L’objectif de mon projet est d’étudier comment l’environnement urbain est affecté par la désindustrialisation, tout en examinant les conséquences de cette dernière sur l’environnement, les identités et les mémoires collectives.

L’industrialisation rapide des périphéries métropolitaines de Paris et de Rome dans les années 1950 est étroitement liée à la nature exceptionnelle du processus de développement, en particulier dans un pays à industrialisation tardive comme l’Italie. En l’espace d’une seule génération, ces deux régions ont connu une croissance industrielle intense suivie d’une désindustrialisation, avec des effets durables sur le paysage urbain, l’environnement et la mémoire collective.

L’approche comparative proposée, qui met Paris en relation avec Rome, répond aux appels récents en faveur d’une rupture avec l’étude d’une seule localité, qui reste la norme dans les études sur la désindustrialisation et l’histoire du travail en général. Les principales sources utilisées pour mon projet comprennent les archives gouvernementales et syndicales en Italie et en France, ainsi que des journaux et d’autres sources textuelles, sans oublier les archives de projets de recherche communautaires antérieurs. En intégrant les histoires orales dans un contexte environnemental et urbain plus large, ce travail enrichit non seulement les archives historiques, mais remet également en question les idées reçues sur la race, la classe sociale et le lieu dans les sociétés postindustrielles.