Chelsey Ancliffe poursuit un doctorat en sociologie à l’Université Concordia à Montréal, au Québec. Elle s’intéresse à l’économie politique des combustibles fossiles et de la production d’énergie. Ses recherches portent actuellement sur le développement de projets de capture du carbone en Alberta, au Canada, et leurs liens avec la crise climatique, le capital financier, la subjectivité et la dépossession des terres. Elle a également travaillé sur le projet Unearthing Justices, où elle a contribué à rassembler et à analyser plus de 500 initiatives et ressources autochtones locales. Plus largement, elle s’intéresse aux contradictions entre le débit nécessaire à l’expansion des circuits de consommation et les limites écologiques.

 

ÉNONCÉ DU PROJET

Beyond the Carbon Horizon: Desire, Capital, and Energy Futures in the Alberta’s Oil Industry.      

Cette thèse examine l’intersection entre le capitalisme, la production énergétique et la crise écologique à travers l’industrie pétrolière de l’Alberta. Le projet analyse la manière dont l’industrie pétrolière gère les tensions entre les impératifs environnementaux et la croissance économique, en se concentrant sur les technologies de capture du carbone qui permettent à la fois de verdir l’extraction et de créer de nouvelles frontières pour l’accumulation de capital grâce à la financiarisation de la décarbonisation. Telles sont les contradictions inhérentes à la réponse du capitalisme fossile à l’effondrement écologique.

S’appuyant sur la théorie marxiste, la recherche examine comment l’impératif de croissance du capitalisme entraîne la destruction de l’environnement tout en façonnant à la fois les infrastructures et la subjectivité. En juxtaposant le capital, qui intègre la crise climatique dans sa propre logique, et les individus transformés par les changements du capital, la recherche révèle la dialectique de la reproduction du capital alors qu’il tente de résoudre ses contradictions. L’objectif est d’identifier les possibilités de transformation dans le contexte de la crise actuelle, tout en explorant comment les individus pourraient imaginer des avenirs énergétiques alternatifs au-delà de l’horizon du capitalisme.

Le projet remet finalement en question les fausses promesses du capitalisme vert en révélant comment la crise climatique s’intègre dans la logique du capital, tout en identifiant les nouvelles voies vers un avenir énergétique plus juste. La méthodologie combine des recherches historiques et l’analyse du contenu de documents d’entreprises et de gouvernements avec un travail de terrain comprenant des entretiens et l’observation participante auprès de plusieurs parties prenantes de projets de capture du carbone.