Francisco Rivera

Je suis archéologue historique et j’ai obtenu mon doctorat en anthropologie à l’Université de Montréal, au Canada. Mes recherches portent sur l’archéologie historique du capitalisme, le patrimoine industriel et l’archéologie du passé contemporain. Je suis chercheur associé au Centre d’archéologie de l’Université de Toronto, au Canada, et à l’Instituto de Investigaciones Arqueológicas y Museo de l’Universidad Católica del Norte, au Chili. J’ai récemment terminé un stage postdoctoral financé par le CRSH à la Smithsonian Institution de Washington sur le patrimoine de la pêche industrielle en Basse-Côte-Nord du Québec. Je dirige actuellement le projet archéologique Alto Cielo, financé par l’ANID Chili (FONDECYT 11220113). Ce projet de recherche à long terme explore l’histoire culturelle, la fermeture industrielle des mines de soufre et ses impacts sur les espaces agropastoraux d’Ollagüe, une communauté indigène du nord du Chili. Mes publications récentes portent sur l’archéologie historique du capitalisme extractif, le travail, la migration, la désindustrialisation et le patrimoine industriel dans le désert d’Atacama et sur la Basse-Côte-Nord du Québec. J’ai récemment coédité le livre « El perfume del diablo : azufre, memoria y materialidades en el Alto Cielo (Ollagüe, s. XX) » (2020, RIL Editores) et coécrit le livre « Trasiegos hacia el desierto despojado » (à paraître en 2023) sur les mineurs boliviens dans le nord du Chili. 

 

https://altocielo.hypotheses.org/https://www.researchgate.net/profile/Francisco-Rivera-10https://umontreal.academia.edu/FranciscoRiveraAmaro


Capitalismo en el Alto Cielo : Interrelaciones, temporalidades y materialidades de los espacios agro-pastoriles e industriales en Ollagüe (1890-1992) [Capitalisme dans l’Alto Cielo : Interrelations, temporalités et matérialités des espaces agro-pastoraux et industriels à Ollagüe (1890-1992)]. 

L’expansion du capitalisme dans le nord du Chili est une histoire familière de colonialisme, d’extractivisme et de « chilianisation », c’est-à-dire l’intégration forcée des communautés locales et indigènes par l’État dans l’idée homogénéisante de la nation chilienne. L’irruption des industries extractives a été étudiée sous différents angles, mais on connaît moins l’impact et les conséquences des fermetures industrielles pour les communautés autochtonnes, dont les moyens de subsistance ont été radicalement transformés précisément par ce processus d’industrialisation à petite échelle. Mon projet de recherche actuel vise à contribuer, dans une perspective archéologique, à l’étude des matérialités résultant de l’expansion minière et capitaliste dans les hautes terres des Andes chiliennes et du processus de disparition et de désindustrialisation qui s’en est suivi. Dans ce projet, mon objectif est de comprendre l’interrelation entre la matérialité du passé récent, les spécificités historiques et sociales de l’histoire de la communauté quechua d’Ollagüe et la notion de « périphérie » dans un processus de désindustrialisation régionale. Cette recherche sur le passé récent d’Ollagüe complète les recherches menées dans les hautes terres andines du nord du Chili et du sud-ouest de la Bolivie, en cherchant à combler des lacunes spécifiques et à discuter de sujets peu explorés tels que la désindustrialisation et les interrelations historiques entre les espaces agropastoraux et les industries extractives situées dans une « frontière industrielle » andine. J’utilise une approche archéologique, ethnographique et historique pour étudier les changements qui ont affecté Ollagüe au cours du vingtième siècle. Quel a été le rôle des industries extractives dans l’histoire récente d’Ollagüe et quel a été le degré d’interrelation entre les sites industriels et les espaces agropastoraux ? Comment ces interrelations et le processus de désindustrialisation des années 1990 influencent-ils la construction de la mémoire historique et de l’identité d’Ollagüe aujourd’hui ?