Sam Fraser est doctorant en sociologie à l’université de Lund, en Suède. Il est titulaire d’une licence (avec mention) en sociologie de l’université de Birmingham, au Royaume-Uni (2011), et d’un master en développement international (LUMID) de l’université de Lund (2020). Ses recherches précédentes ont porté sur le déplacement et la marginalisation des communautés roms, examinant comment celles-ci construisent leurs moyens de subsistance et résistent à la délégitimation et à la sécurisation. Sa thèse de master, qui portait sur la surreprésentation des Roms dans l’économie informelle urbaine en Roumanie, a reçu la bourse de recherche Martin Alexanderson pour les études sur les droits de l’homme (2019) décernée par l’Institut Raoul Wallenberg. Il participe actuellement au projet ENDINGs – Towards a Theory of Endings in Innovation Studies (Vers une théorie des fins dans les études sur l’innovation), financé par le CER. Son projet de doctorat examine comment les transitions et le déclin industriels affectent les communautés, en explorant comment la mise en œuvre des « fins », par la désindustrialisation ou la transformation industrielle, façonne les relations des gens avec le passé, leur vie dans le présent et l’avenir qu’ils imaginent. La recherche se concentre sur les destins entremêlés de l’acier et du charbon au Royaume-Uni, avec une attention particulière pour le comté de Durham et Port Talbot.

Temporalités des fins

Mon projet étudie la temporalité des fins dans les transitions industrielles, en se concentrant sur l’industrie sidérurgique britannique à Port Talbot et la Durham Miners’ Gala. Alors que nous poursuivons les transitions industrielles, les chercheurs et les décideurs politiques sous-estiment souvent la durabilité des communautés et des identités forgées au sein des systèmes sociotechniques industriels. Comprendre comment les fins affectent les communautés, et comment les communautés façonnent activement les fins, est essentiel pour gérer des transitions justes. Les fins sont ambiguës. Elles impliquent une finalité, mais elles se déroulent sur de longues périodes, avec des répercussions à la fois sur le passé et sur l’avenir. Les industries ne disparaissent pas simplement ; les communautés réagissent, résistent, se souviennent et réinventent. Mes recherches examinent comment les communautés réagissent à la déstabilisation, au déclin et à la cessation d’activité : comment elles donnent un sens au présent, négocient les pertes et imaginent des avenirs possibles. Je soutiens que la compréhension de ces dynamiques temporelles (comment les fins sont continues, recalibrent les relations avec le passé et limitent ou ouvrent des possibilités futures) est cruciale pour permettre des transitions justes et efficaces. Port Talbot, confrontée à la transition de ses aciéries et à un avenir incertain, représente une fin en cours. Le Durham Miners’ Gala, qui reste un festival annuel florissant malgré la fin de l’exploitation charbonnière locale, offre un point de référence comparatif plus loin dans le temps. Ensemble, ces cas révèlent comment les communautés traversent les différentes étapes de la fin : réponses immédiates à l’incertitude, maintien de l’identité collective et développement de ressources pour imaginer un avenir post-industriel. Cela remet en question les discours dominants sur la « destruction créatrice » dans les études sur l’innovation et la transition, montrant au contraire que les fins industrielles ne sont pas des ruptures nettes, mais des processus chaotiques et durables qui façonnent fondamentalement les futurs possibles. Le projet s’appuie sur l’ethnographie, des entretiens, l’analyse d’archives, l’analyse du discours et des méthodes participatives pour retracer la manière dont les communautés gèrent les transitions, les pertes et les possibilités.