Je suis doctorant en histoire contemporaine à l’Université de Turin depuis novembre 2024. Je suis titulaire d’une licence en histoire et d’un master en géographie et sciences territoriales. Mes recherches portent sur les intersections entre l’histoire politique et les inégalités territoriales, avec un accent particulier sur la désindustrialisation des régions et ses effets sur les structures politiques. J’ai mené des recherches à l’École Normale Supérieure de Paris et à l’École de Géographie de l’Université de Nottingham, où j’ai développé mon expertise en histoire orale et en méthodologies archivistiques. Dans mon travail, je cherche à combiner les sources orales et archivistiques – traditionnelles et numériques – afin d’offrir une approche multidimensionnelle à l’enquête historique. En plus de mes activités académiques, je suis politiquement active dans mon administration locale, où je m’efforce de comprendre et de relever les défis auxquels sont confrontés les territoires marginalisés dans les Alpes italiennes.

Énoncé du projet:

Shrinking Politics : Transformations des relations entre politique, partis et territoires (1974-2006) en Italie et en France

Cette recherche étudie les transformations de la relation entre la politique, les partis et les territoires en Italie et en France lors de la transition des partis politiques de masse vers de nouvelles formes de représentation politique entre 1974 et 2006. En examinant la région italienne du Piémont – y compris ses zones sud-est, la ville de Turin (une ancienne ville d’entreprise unique en transition depuis le fordisme) et la province de Biella, qui a été touchée par la crise de l’industrie textile – et la région française du Nord-Pas-de-Calais, le projet analyse les impacts socio-politiques de la désindustrialisation et du déclin des partis politiques traditionnels. L’étude utilise une approche historique comparative, intégrant la recherche d’archives, l’histoire orale et les données socio-économiques. En Italie, l’accent est mis à la fois sur la dissolution de la domination de la Démocratie chrétienne dans les zones rurales qui sont devenues par la suite des bastions de la Ligue du Nord et sur l’érosion des partis de gauche dans les anciens bastions de la classe ouvrière dans certaines parties du triangle industriel. En France, la transition entre la forte influence communiste dans les régions minières et la prédominance du Front national d’extrême droite est étudiée. Les thèmes clés comprennent le « rétrécissement » de l’engagement politique, des partis et des institutions dans les régions touchées par le déclin économique, l’émergence d’institutions locales (par exemple, les fondations bancaires en Italie) et de nouveaux acteurs locaux. Ce cadre comparatif permet de mieux comprendre la résilience ou l’effondrement sociopolitique des partis traditionnels dans le contexte des changements économiques néolibéraux.