Amandine Tabutaud est docteure en histoire contemporaine et enseignante dans le secondaire. Autrice de la thèse, Les genres à l’épreuve de la désindustrialisation : ouvrières de Seine Saint-Denis et de Haute-Vienne (années 1950-2000), soutenue à l’Université Paris Saclay. Elle étudie les effets de la désindustrialisation sur les trajectoires ouvrières dans une perspective genrée. Elle a publié « À la croisée de la Seine-Saint-Denis et de la Haute-Vienne. Les ouvrières aux prises avec la désindustrialisation (1970-1980) », 20 & 21. Revue d’histoire, vol. 144, no. 4, 2019, pp. 131-144. (avec Fanny Gallot) « Du renouveau de l’histoire des femmes au travail : note critique autour de quelques travaux récents », Sociologie du travail, vol.61, n°3, 2019. (avec Fanny Gallot) « Saisir la parole des ouvrières. Quels enjeux historiographiques ? », Claire Oger, Emilie Nee et Benjamin Ferron (dir), Donner la parole aux « sans voix » ? Construction sociale et mise en discours d’un problème public, PUR, 2022. A partir de novembre 2025, elle co-organise avec Romain Castellesi le séminaire « genre et désindustrialisation » à l’université d’Evry Paris Saclay.
En s’appuyant sur un corpus d’archives issues de l’inspection du travail, des rapports réalisés par les comités d’hygiène et de sécurité des entreprises étudiées, des sources syndicales ainsi que des témoignages recueillis auprès d’anciennes ouvrières, il s’agit de mettre en lumière les souffrances corporelles et psychologiques survenues à la suite des fermetures d’usine. La suppression de l’emploi engendre des conséquences allant au-delà de la position professionnelle des ouvrières, affectant leur santé morale et physique et marquant leurs corps, à travers la maladie et l’impossibilité de travailler à nouveau. Nous pourrons identifier diverses formes de souffrances physiques et morales auxquelles sont attachées des causes multiples avec des temporalités différentes : le choc du licenciement, le contre coup de la lutte engagée contre la fermeture de l’usine, l’absence de travail ainsi que les maladies professionnelles.





